La gare de Bascoup Chapelle.

Auteur: Yanes Bunnens.

La gare de Bascoup-Chapelle, (1914), une gare à l'histoire singulière puisque les deux bâtiments de gare de Bascoup-Chapelle ont été démontés et remontés à un autre emplacement à un moment de leur histoire, c'était en 1880.

La ligne de Manage à Piéton, affiliée au chemin de fer de la Jonction de l'Est, est ouverte en 1865 avec une gare à Bascoup-Chapelle qui se trouve à quelques centaines de mètres de l'autre gare de Bascoup, sur le "chemin de fer des Anglais" (surnom de la ligne 183, un embranchement de la ligne Mons-Manage dont la gare terminus devient Bascoup-Etat en 1859).

L'aspect du premier bâtiment de la gare de Bascoup-Chapelle est pour le moment inconnu, une photo fera peut-être surface un jour.

En 1860, l'Etat belge avait fait remplacer toutes les gares d'origine de la ligne Mons-Manage et de l'embranchement La Louvière-Centre - Bascoup-Etat en employant le plan standard "à pignons à redents" (variantes à 3, 4 et 7 fenêtres selon l'importance de l'arrêt).

En 1871, les lignes Manage-Piéton et Écaussinnes-Houdeng-HaineSt.Pierre-Pieton-Charleroi font partie des chemins de fer rachetés par l'Etat qui fait rapidement le constat que la ligne La Louvière-Bascoup, aux pentes extrêmement raides, fait doublon avec l'actuelle ligne 112.

Il est donc décidé de supprimer les trains de voyageurs sur la ligne menant à Bascoup-Etat, de fermer certaines sections dont le plan incliné de l'Olive et de rationaliser les installations en regroupant les services dans les gares les plus proches sur la ligne 112.

Moins de 20 ans après leur construction, les bâtiments de gare de Mariemont et Baume qui se trouvaient sur la L183 n'ont plus d'utilité tandis que sur les lignes 108, 112 et 113 des bâtiments de gare comme Haine-Saint-Pierre, Leval, Piéton et Bascoup-Chapelle sont devenus trop petits.

C'est le début d'un incroyable échange de bâtiments : l'ancien bâtiment de Bascoup-Chapelle, trop petit, est remonté dans un nouvel arrêt qui vient d'ouvrir aux voyageurs: la Croyère.

En l'échange, le bâtiment de la gare de Baume (L183, près de Haine-Saint-Pierre) est démoli en prenant soin de conserver un maximum de pierres, briques de parement, portes, fenêtres, etc.

On le remonte à Bascoup-Chapelle en changeant légèrement le style et la disposition : le bâtiment a toujours 7 fenêtres mais leur sommet a des contours différents en "anse de panier" (décoration qu'on retrouve à Auvelais mais pas partout) et les pignons à redents passent à la trappe, tout comme 12 des 14 pignons longitudinaux s'il y en avait une à Baume, la marquise (préau du quai attenant) n'est pas conservée, on en construit une d'un modèle sans colonnes de support et au toit transparent, en verre et en acier côté rue, un petit porche d'entrée est ajouté, avec un balcon au sommet (comme sur les gares de Quaregnon, Buizingen et Haren-Noord construites peu avant). Autre différence, l'aile à deux fenêtres tout à droite : était-ce une extension en matériaux neufs, un élément qui existait déjà à Baume ou des morceaux de celui de Mariemont L183 ? je l'ignore à ce stade.

Sur le quai d'en face, un abri de quai du modèle standard à toit plat comme on en trouve aujourd'hui à Oostkamp et Remicourt.

Au centre en pied du poteau en forme de (A) une annexe au style différent qui aurait pu être bâtie après 1880 à moins qu'il ne s'agisse d'un reste de la gare de 1865.

Durant la seconde moitié du XXe siècle, ce vaste bâtiment à l'histoire singulière sera démoli, bien avant la fermeture de la ligne 113 aux voyageurs.

Celui de Bascoup-Etat sur un vestige de la ligne vers l'Olive et la Louvière-Centre existe toujours, rénové en foyer d'accueil. Il appartient à la rarissime variante à 3 fenêtres du modèle standard "pignons à redents".

Quant à Bascoup-Chapelle 1, remonté à la Croyère en 1880 avec sur le quai d'en face un abri d'un autre type standard (à toit pointu et petites fenêtres) il n'a pas duré très longtemps : vers 1899 on le démolit pour de bon et on érige à la place un vaste bâtiment type 1895 lequel existe toujours.