La gare de Beyne.
Auteur: Yanes Bunnens.
Beyne, une expérience restée sans lendemain.
Après la fermeture aux voyageurs, ce bâtiment servi d'école et est actuellement employé pour plusieurs services de l'administration communale de Beyne-Heusay.
Sa forme est très intéressante car inhabituelle parmi les plans de gares dessinés par l'Administration des chemins de fer de l'Etat Belge.
Alors que toutes les stations de moyenne importance des lignes des plateaux de Herve construites en 1872-1881 (Chênée - Battice, Battice - Verviers et Battice - Aubel) employaient le type standard que l'on appelle communément « plan type 1873 », tandis que d'anciens plans néoclassiques ont été déroulés pour les gares plus importantes (Herve, Aubel et Dison), les gares de Beyne et Vaux-sous-Chèvremont ont reçu des bâtiments différents, plus petits et plus minces.
À première vue, il s'agit simplement d'une extrapolation de ce type standard, en se passant de la grande aile des voyageurs, mais à bien y regarder, la distance entre les 3 fenêtres du corps central est bien plus grande. Cet aspect élancé donne l'impression que le bâtiment est plus mince mais il pourrait juste s'agir d'une illusion d'optique. Seule certitude, il reste plus large qu'un bâtiment des Chemins de fer du Nord à l'aspect similaire (exemple en Belgique : Tailfer)
Deux ailes flanquent cet ensemble, la plus longue, en forme de U, est clairement un ajout ultérieur et accueille diverses annexes et dépendances. Pour ce qui est de l'autre aile, c'est moins certain.
Les informations au sujet de l'origine des gares de Beyne et Vaux sont rares parmi les sources en ligne. S'agissaient-elles de haltes ou de stations ? Même leur date d'ouverture est débattue : 1872 ou 1873 ?
Le seul autre exemplaire de ce plan a été bâti à Vaux-sous-Chèvremont, avec une disposition très particulière dû à son emplacement sur un talus. Plusieurs parties pourraient être des ajouts et l'une des rampes d'accès passe carrément en-dessous.
Alors que le plan pour les autres stations de la ligne (Fléron, Micheroux, Battice, etc.) sera utilisé pour près de 120 bâtiments de gare sur les nouvelles lignes bâties en 1873-1890, le plan de Beyne et Vaux ne resservira plus jamais. Même les plus petits arrêts sur les chemins de fer bâtis après les conventions de 1870/1873 emploieront un dérivé du type 1873 sans rapport avec ce bâtiment de la gare de Beyne.
À noter, que comme ces autres gares des plateaux de Herve, leur style fonctionnel est rehaussé par une décoration que l'on ne retrouve nulle part ailleurs : les pierres servant de clé de voute à chaque porte et fenêtre sont creusées par d'importants sillons horizontaux, une décoration qui leur donne, de loin, l'aspect d'une grille ou de persiennes.