La gare de Jumet-Brûlotte.
Auteur: Yanes Bunnens.
Jumet-Brûlotte : l'une des gares de la Ceinture ferroviaire de Charleroi.
On pourrait pratiquement considérer cet ensemble de voies ferrées bâti dans les années 1870-1880 comme le premier ring de Charleroi.
Avec la fermeture des charbonnages et de beaucoup d'usines, il n'en reste hélas rien si ce n'est quelques Ravels, ponts et une poignée de bâtiments de gare, dont celui de Gilly-Sart-Allet qui était une copie de celui de Jumet que l'on voit ici.
Le projet de ceinture ferroviaire commence par la section Piéton-Trazegnies. La gare de Trazegnies, bâtie en 1869, était une construction plus petite qui a donné beaucoup de fil à retordre au personnel et aux voyageurs (les notables de Trazegnies n'arrêtaient pas de réclamer sa démolition dès les années 1890).
Avec le rachat de nombreux projets privés et la création d'une société de construction de chemins de fer, le reste de la ligne de Ceinture et de ses extensions sont plus généreux en matière de bâtiments de gare. Le modèle par défaut est le type 1873 (exemples : Anderlues et Viesville) qui offre davantage d'espace au rez-de-chaussée et à l'étage.
Et pour les 3 gares de Bifurcation (Jumet-Brûlotte, Gosselies et Gilly-Sart-Allet) on construit une version géante du type 1873
L'aile est deux à trois fois plus longue (9 fenêtres), la partie habitation a 4 fenêtres au lieu de 3, et le tout est bien plus important en largeur.
Le style était plutôt sobre et austère, avec d'étroites fenêtres, mais le toit avait été décoré de pignons en escalier, comme les épaulettes qu'un gradé porte à son uniforme
en 1880, on ajoute un très grand auvent (marquise de quai) pour les voyageurs attendant leur train.
Invisible sur cette photo, le bâtiment des marchandises était à l'avenant, reflétant l'énorme quantité de colis et petites marchandises qui y étaient réceptionnées et expédiées chaque jour
Le déclin de ces chemins de fer étroitement liés à l'industrie et au monopole qu'avait autrefois le rail sur la route, sera très rapide.
Dès 1953, ces gares ferment aux voyageurs, concurrencées par la voiture et les lignes de bus.
Le dernier morceau de la Ceinture ferroviaire à voir passer des trains de voyageurs se trouvait de l'autre côté du Canal : la ligne 112A qui cesse d'être desservie en 1984
Quelques fragments de ce ring ferroviaire verront passer quelques petits trains de marchandises jusque dans les années 1990
- à Gosselies, il ne reste que le bâtiment des marchandises
- à Gilly, les deux bâtiments sont toujours là
Mais à Jumet-Brûlotte, il ne reste plus aucun des bâtiments de la gare.