La gare de Vertrijk.

Auteur: Yanes Bunnens.

Vertryck (ancienne orthographe).

Construit vers 1856 et remplacé au début des années 1970.

Illustration du style architectural très sobre du début de la Première période expérimentale.

En 1854, le réseau des Chemins de fer de l'État belge commençait à s'étendre au-delà des lignes construites en 1835-1843 et même sans cela, les lignes existantes recevaient des arrêts additionnels et certaines constructions des premiers jours du chemin de fer commençaient à se montrer insuffisantes.

La difficulté était de trouver le budget nécessaire d'autant plus que même les achats de nouvelles locomotives étaient à la traîne par rapport aux besoins réels. Dans les deux cas, le Comité consultatif des chemins de fer tentera l'impossible et, même s'il est assez rapidement dissous, les années qui suivent verront s'épanouir plusieurs de leurs réalisations.

Une partie du crédit spécial débloqué en 1854 sert à réaliser plusieurs bâtiments de gare, mais pour des raisons inconnues à ce stade, il semble que ce projet ait connu un coup d'arrêt avant de redémarrer en 1859-1860.

Certains bâtiments de gare dont la construction était imminente en 1854-1856 doivent être ré-adjugés (Haacht par exemple), d'autres ont bien été construits mais n'ont pas duré très longtemps (Luttre, Maffle, Moustier) mais ceux de Londerzeel et Vertrijk appartiennent à une catégorie bien différente : ils sont bel et bien construits (en 1855-1856) et durent longtemps, plus de 100 ans.

Pratiquement identiques à l'origine, ces deux constructions ont un style particulièrement dépouillé pour l'époque :
le rez-de-chaussée est doté de fenêtres à sommet en arc de cercle (arc en plein cintre) au même titre que les constructions néoclassiques à la mode depuis 1835
mais l'étage supérieur n'a aucun élément en relief, si ce n'est un bandeau délimitant le mur-pignon et une ouverture ronde dont la fonction n'est pas claire (à Londerzeel il y avait une cheminée à cet endroit).

Avec le temps, une extension à toit plat est bâtie sur la gauche, un auvent vitré (marquise de quai) est ajouté et d'autres extensions s'ajoutent sur la gauche, Londerzeel aura quelque chose de plus grand.

Lorsque la construction des bâtiments de gare reprend en 1859/1860, le style des nouveaux "bâtiments des recettes" sera embelli et on voit éclore une série de modèles assez différents :
- d'inspiration Néoclassique avec frontons longitudinaux mais peu de décorations (Templeuve, Roux, Landegem, ou encore Kapelle-op-den-Bos, plus petit) - véritablement néoclassique (Marchienne-au-Pont, Forest-Midi et Courcelles-Motte par exemple) - d'inspiration néo-renaissance flamande avec des pignons à redents (Boussu, Rosoux, l'Etoile et bien d'autres car ce modèle devient un type standard, avant de recevoir d'importantes modifications avec le temps qui passe) - entre les deux ou inclassable : Hansbeke, Dolhain-Gileppe

Certaines gares de cette liste ont reçu un bâtiment dont aucune photo ne montre l'état avant modifications (Melle et Buggenhout).

En plus du type à pignons à redents, un modèle plutôt répandu (une petite dizaine de gares) reprendra certaines des dispositions visibles à Londerzeel et Vertrijk : fenêtres arrondies au rez-de-chaussée et arc bombé à l'étage, style plutôt dépouillé avec des références néoclassiques.

Construit notamment à Havinnes, Drongen, Erembodegem, il offre un aspect un peu plus décoré et se distingue au premier coup d'oeil par son toit à deux croupes, ses cinq fenêtres et le larmier qui surmonte les vitres de l'étage.

Contrairement à Vertrijk et Londerzeel, ce modèle sera d'emblée doté d'une marquise façon préau, au toit non-vitré reposant sur des colonnes en fonte.

Après pratiquement 120 ans d'existence, le bâtiment de la gare de Vertrijk a été démoli et remplacé

Londerzeel a réussi à éviter ce destin et son bâtiment de gare fêtera son 170 ème anniversaire d'ici quelques mois

Bien que plus nombreux, le modèle bâti à Havinnes, Drongen, Erembodegem, Olsene, etc. n'a pas eu de chance avec les événements du XXe siècle: plusieurs sont détruits durant la Première Guerre, le reste dans les années 1960-1980 et il se pourrait même qu'il y en ait eu un à Oudegem, remplacé par un type 1895 au bout de quelques décennies.